Je suis en vie et tu ne m’entends pas – Daniel Arsand

Ce roman me faisait de l’œil depuis très longtemps et en même temps me faisait aussi un peu peur.

Peur car la thématique, bien que chère à mon coeur, est généralement très dure et peut être très violente au niveau du ressenti et de l’immersion.

Je ressors de ma lecture avec un avis en demi-teinte. J’ai beaucoup apprécié la plume de l’écrivain, ces phrases et ces mots qui surgissent par flots ininterrompus, qui s’entremêlent, qui nous perturbent, un style si représentatif de ce qu’il peut se passer dans certains cerveaux. Puis, j’ai beaucoup moins aimé les nombreux souvenirs qui sont répétés et répétés, et bien sûr, les passages les plus violents. Je l’ai lu une fois, j’ai bien saisi la chose et n’ai pas forcément envie de le relire et le relire. Mais je comprends cette volonté de l’auteur, lorsqu’une personne subit un traumatisme, elle le revit encore et encore, les souvenirs affluent au beau milieu de n’importe quelle situation lamda, sans prévenir. Et ça l’auteur le retranscrit très bien !

Après, l’histoire m’a bien sûr touchée, le jeune homme aussi. Envoyé à 19 ans dans les camps de la mort car homosexuel…qui se fait torturer et violer par tous, aussi bien prisonniers que gardiens…et qui revient dans sa ville natale au sein d’une famille qui aurait préféré qu’il soit mort. La famille est assez intéressante, leur culpabilité, leur fausse compassion, leur égoïsme sont particulièrement intriguants. J’aurais aimé que la relation avec le grand frère soit plus creusée car on sent qu’il y a quelque chose de très malsain, que ce qu’il ressent pour son petit frère n’est pas anodin et cela aurait mérité plus de profondeur.

Enfin, une fois passé la première partie qui pour moi traîne pas mal en longueur, j’avoue avoir lu la plupart des pages en diagonales car j’étais beaucoup moins ancrée dans le récit. le jeune homme que je trouvais attachant au début me paraissait antipathique. J’ai par contre aimé les diverses thématiques abordées dans ces deux dernières parties : le racisme, l’homophobie, Paris à cette époque, les débuts de la lutte contre l’homophobie…

C’est un livre qui me restera en tête car j’ai appris pas mal de choses sur le traitement infligé aux homosexuels dans les camps de la mort mais c’est un livre qui ne restera pas dans ma bibliothèque. 

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